Des Relations Humaines dans une entreprise

C514B4 Business - team in an office; the senior executive has the thumb up; focus on thumb

Toute entreprise de plus de 10 personnes qui prétend ne pas avoir besoin de communicant interne se fourre le doigt dans le nez jusqu’au cerveau.

Mon père serait révolté que j’écrive des trucs  pareils. Mais mon père c’est un bon manager. C’est un militaire de carrière, un colonel des Armées de la République (et ça me rend très très fière), les relations avec des hommes qu’il faut motiver, affecter, éloigner de leur famille, il connaît. Alors oui, c’est l’armée, les gens suivent des ordres et font ce qu’on leur demande, mais pas seulement. Dans l’armée il y a de la communication interne, certains diront que c’est du ramollissage  de cerveau et de la propagande pour chair à canon mais je le vois plus comme, dans un environnement particulièrement difficile, un moyen de garder le moral.

Si ça ça vous donne pas envie de faire partie d'un tout...
Si ça ça vous donne pas envie de faire partie d’un tout…

Ce que mon père ne comprend pas, c’est que tout le monde n’est pas naturellement un bon leader, ni un bon manager. Une qualité que j’admire chez ma mère, c’est sa très bonne lecture des comportements humains. Certains appellent ça l’empathie, d’autre l’instinct, toujours est-il que ma mère est très fort là dedans. Souvent elle appuie sur le bout de son net et elle dit « je les sens les gens ». Et c’est une qualité si rare de « sentir » les gens.

 

Voilà, voilà...
Voilà, voilà…

Quand tu montes ta boîte, le greffe de ta région a l’air de s’en tamponner l’oreille avec une patte d’alligator femelle de ton empathie. Tu vas embaucher qui tu veux, comme tu veux, on te rappelle qu’il faut pas oublier de produire le bilan comptable à la fin de l’exercice et on te donne tout un tas de papier pour Urssaf Cancras et Carbalas mais jamais on ne doute que tu sois un bon manager.

 

Or, parler avec ses employés c’est excessivement dur. Et pas forcément pour leur annoncer qu’ils sont virés en tournant sur sa chaise en disant « voilà voilà, on va pas continuer avec toi, voilà voilà.. bon bah… voilà  » . Pas uniquement pour les mauvaises nouvelles mais aussi pour être à l’écoute de leurs idées, pour réagir au bon travail, pour dire « merci » et comprendre que tout ce qu’attend le mec qui bosse depuis 5 ans pour toi c’est un « bon boulot Jean-Jacques, tu es un pilier de l’entreprise ».

"Mais oui, je leur dis à mes employés qu'ils font du bon boulot, rolalala..."
« Mais oui, je leur dis à mes employés qu’ils font du bon boulot, rolalala… »

Mais ok, t’es chef d’entreprise et t’as d’autres chats à fouetter, t’as d’autres idées en tête, des partenaires à convaincre, des enfants à nourrir. Et là y’a trois solutions :

1) Tu t’en fous et puis les gens tu les payes donc ils bossent et puis  si ils sont pas contents la porte est par là.

2) Tu te formes à être quelqu’un d’un peu moins obtus et tu apprends à demander à Elodie « Alors Elodie, ces vacances en Bretagne, c’était sympa ? Les enfants ont aimé ? » (c’est là que mon père dirait : « une formation ? pas besoin de formation pour ça ! » )

3) Tu embauches quelqu’un qui s’occupera du moral des troupes et qui saura quoi communiquer, quand et comment.

Même Aziz il s'endormait au taff parce qu'on ne lui parlait pas comme il faut... Enfin je crois... Je vais un peu loin là non ?
Même Aziz il s’endormait au taff parce qu’on ne lui parlait pas comme il faut… Enfin je crois… Je vais un peu loin là non ?

Sinon on peut toujours mettre ses coucougnettes dans une petite boîte, se rouler en boule, et espérer que les gens vont prendre pitié de notre incapacité à gérer les ressources humaines.