Le D/s 24/7 – Entre Fantasme et réalité – Partie I

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Afin de connaître au mieux le vocabulaire du D/s et de comprendre ce que je dis, je vous conseille d’aller jeter un oeil à ce petit lexique du BDSM ou à préparer une page de votre moteur de recherche préféré à portée de clic.  J’essaie d’être la plus claire possible, mais aussi d’être concise et peu redondante.

I- Les trois types de fantasmes

Après moult recherches et beaucoup d’expérience personnelle, j’ai isolé trois types principaux de fantasmes. Sans plus attendre, les voici :

1 – Le fantasme “bucket list”

Littéralement “la liste du seau”, l’expression “bucket list” est issue d’une autre expression “to kick the bucket” qui signifie “casser sa pipe”. La “bucket list” est donc la liste des choses à faire avant de mourir (on comprend qu’en français ce ne soit pas la “liste des pipes”, même si je suis sûre que certain ne manqueront pas de s’en faire une).

Le fantasme bucket list est un fantasme que l’on estime réalisable et que l’on se donne comme objectif de faire passer de fantasme à réalité. C’est une sorte de but, un objet de la liste des choses à faire avant de mourir.
Le fantasme bucket list va entraîner une recherche active dans la réalisation du fantasme. Il ne relève du fantasme que parce que l’expérience n’a pas encore été tentée, ne s’est peut-être pas présentée, mais rien n’empêche sa réalisation (ni la loi, ni les capacités physiques, ni les moyens financiers par exemple).

Si un de vos fantasmes est de vous faire lécher de la chantilly sur les seins, pratiquement rien ne vous en empêche ; il suffit de trouver un partenaire consentant à l’expérience, et de dépenser deux euros dans une bombe de crème chantilly non-allégée.

Et, bien sûr, on peut se tromper. Un fantasme bucket list peut, à l’aube de son accomplissement, devenir un fantasme onirique. Il n’y a aucun souci à changer d’avis, à avoir été excité par une situation pour finir par se rendre compte qu’elle n’est en réalité pas tant souhaitée que cela. Combien ont fait marche arrière dans l’accomplissement d’un plan à trois ? Pire, combien n’ont pas osé faire marche arrière et se sont lancés dans l’expérience à contre-coeur, ruinant un de leur fantasme ?

2 – Le fantasme onirique

Le fantasme onirique est un fantasme qui appartient au monde du rêve et qui a pour velléité d’y rester. C’est un fantasme dont l’excitation provient du fait qu’il est soit impossible à réaliser, soit absolument pas souhaitable pour le(s) protagoniste(s).

Le fantasme onirique peut-être un fantasme “coupable” même si ce n’est pas forcément le cas. Le fantasme coupable comprend des composantes “interdites” voire “illégales”. On y retrouve le fantasme du viol, celui de l’adultère, les fantasmes zoophiles, pédophiles, nécrophiles, certains fantasmes de sadisme extrêmes, d’inceste ou de sexe face à un public non-consentant. N’oubliez pas que les lois ont été créées pour protéger les hommes de leurs propres fantasmes dans la vie de tous les jours. Il n’est pas “anormal” ou “mal” d’avoir ce type de fantasme, tout comme il n’est pas anormal de s’imaginer étrangler quelqu’un qui nous a grillé une priorité à droite. L’important est l’absence de passage à l’acte.

Le fantasme onirique peut aussi, tout simplement, être un fantasme que l’on ne souhaite pas réellement voir ou produire dans la réalité. On y trouve les fantasmes d’adultère par l’autre (imaginer que son partenaire nous trompe) par exemple ou ceux impliquant de nombreuses personnes, des prises de risque, de la douleur etc… Il n’est pas étrange de fantasmer sur quelque chose que l’on craint, cela permet de se décharger de peurs, d’incertitudes ou d’insécurités qui sont parfois inconscientes.

Finalement, le fantasme onirique peut tout simplement être irréalisable car il puise sa source dans l’imaginaire. Si vous n’avez pas d’imagination, de nombreux dessinateurs et animateurs japonais s’en sont chargé pour vous : allez donc jeter un coup d’oeil dans les catégories de hentaï. On retrouve dans ce type de fantasmes tout ce qui comprend des êtres extraterrestres, des lieux improbables, des peluches qui parlent et des robots sexuels, des royaumes qui n’existent pas et des prisons d’un genre particulier.

Parfois, un fantasme n’est ni réellement interdit ou irréalisable, ni totalement accessible. Cet entre-deux pourrait être nommé fantasme “borderline”

3 – Le fantasme “borderline”

Le mot “borderline” en anglais est traduit assez injustement “limite” en français, tout simplement parce que nous n’avons pas de meilleur mot pour traduire l’idée véhiculée par la sémantique anglo-saxonne. Ainsi, si je pouvais me permettre de jouer les linguistes, je dirais que “borderline” se traduit plutôt par “à la limite” ou “autour de la limite”. Le fantasme borderline est un fantasme qui frôle toutes les limites des autres fantasmes, sans vraiment les dépasser.

Le fantasme borderline joue avec la limite d’accessibilité, il n’est pas inaccessible mais il n’est pas non plus simple d’accès, il demande peut-être une logistique supplémentaire, un partenaire très particulier, des circonstances peu probables ou la participation de grand nombre de facteurs (partenaires, accessoires, lieux etc…). Il reste faisable, mais il est difficilement réalisable.

Ce fantasme joue aussi avec la limite de l’interdit, il n’est pas illégal, mais il flirt avec la culpabilité ; soit parce qu’il est “moralement” désapprouvé (par l’entourage, la société, le partenaire), soit parce qu’il est risqué. On y retrouve donc les fantasmes de scatophilie par exemple, ou ceux de sadisme.

C’est un fantasme dont il faut garder en tête qu’il va être à l’épreuve de la réalité. Il est réalisable, oui, mais peut-être pas dans les mêmes proportions que dans l’image que l’on s’en est fait. S’il est risqué, il va demander des précautions qui peuvent être parfois considérées comme des “tueurs d’ambiance” ou qui vont atténuer la “sexyness” d’un environnement (par exemple, jouer avec des bougies sur un lit à baldaquin au milieu de peluches et de tapis, ça peut s’avérer dangereux).

Et il ne faut jamais oublier que, dans un fantasme qui comprendrait d’autres personnes, ces personnes ne sont pas dans votre tête. Elles auront parfois besoin d’indications et ne pourront peut-être pas être exactement comme vous les aviez imaginées, ne pas réagir exactement de la manière souhaitée etc…

 

– Fin de la partie I –

Vous l’aurez compris, pour moi, le D/s 24/7 est un fantasme borderline. C’est un fantasme car c’est une idée excitante, qui fait envie et qui laisse beaucoup de place à l’imagination et à la surprise, et il est borderline car il est compliqué à mettre en place et à réaliser (mais pas inaccessible) et qu’il flirt avec des limites de risques et d’interdit. C’est un fantasme borderline car sa confrontration avec la réalité peut être très surprenante.

Le D/s 24/7 tel qu’il est fantasmé correspond à celui qui le rêve. Mon fantasme D/s 24/7 c’est une relation fusionnelle, complice, dans laquelle mon Dom et moi nous comprenons dans un regard. Ce sont des ordres clairs, une structure précise, un collier, une communication à toute épreuve, des punitions justes, peu d’erreurs de ma part, aucune de la sienne, l’expression de son autorité en public, un tatouage, des cordes, une communication constante, peu de liberté, un contrôle de très nombreux aspects de ma vie, aucun safeword.

– PARTIE II ICI –