Ma relation est-elle une ultra-dépendance toxique ?

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Suis-je dépendante de mon Maître ?

Je sens que les règles, la thérapie de mes angoisses, mes précédentes expériences avec les hommes vous font vous poser des questions sur ma relation de dépendance à mon Dominant.

Puis-je vivre sans les règles édictées par mon Maître ?

Tout d’abord, les règles ne sont pas édictées par mon Maître. Elles sont le fruit d’une démarche bilatérale. Il y a des règles que j’ai demandé à avoir, pour qu’elles soient l’impulsion de meilleurs comportements chez moi. Cela demande une certaine introspection (qui a duré un paquet de temps pour moi et qui continue aujourd’hui encore), et des heures de discussion.

Quand nous avons mis en place les règles dans notre relation, j’ai écrit un e-mail à mon Maître dans lequel j’ai consigné tous les besoins que j’avais en terme de structure et de place dans la relation. L’un de mes besoins était “j’ai besoin de ton aide pour travailler sur les défauts ancrés en moi que je n’aime pas”. J’ai fait une liste de ces défauts que je lui ai envoyée aussi.

Ensuite, la plupart des règles qui régissent notre relation ne régissent que cela : notre relation. Ce sont des règles de vie à deux, de mon comportement en sa présence, d’attitudes que je dois ou ne dois pas avoir, de choses que je dois faire pour lui etc… Donc sans notre relation, il va de soi que ces règles disparaissent totalement.

Finalement, je pense que la question est réellement “puis-je vivre sans mon Maître ?”, oui, mais difficilement, c’est pour ça que j’ai un Maître, parce que sinon je ne me sens pas spécialement bien et heureuse.

Suis-je plus indépendante alors que je suis dépendante de quelqu’un ?

J’apprends à l’être. Il m’apprend à l’être. Il va m’aider à être une meilleure personne puis à ne plus avoir besoin de lui pour l’être. Il va me donner des clés pour m’améliorer et une fois qu’il sent que j’en suis capable sans lui il va me le montrer et je vais pouvoir me détacher de lui, me sentir capable de faire certaines choses sans lui.
Mon Maître n’est pas un pervers narcissique. Son but n’est pas de me rendre dépendante pour que je sois incapable de me débrouiller sans lui. Au contraire.
Notez que c’est bien plus gratifiant d’être servi par quelqu’un qui est sûr de lui que par quelqu’un qui de toute façon a si peu confiance en lui qu’il sert par nécessité et non par envie.

Suis-je triste lors d’une journée où mon Maître ne me donne pas d’ordre ?

Dans une relation D/s 24/7, mon Dominant ne passe pas son temps à me faire faire des tâches pour lui en me donnant des ordres de manière sèche jusqu’à ce que je sois épuisée ou qu’il en ait marre et rentre chez lui.
Nous faisons des choses, des activités variées, des trucs d’êtres humains en relation, des trucs de potes, des trucs d’amants. Nous parlons, sortons, rions, mangeons, buvons, jouons, sexons… Une vie normale, en somme.

Non, je ne suis pas triste lorsque mon Maître ne me donne pas 10 ordres par heure.

Voudrai-je toujours plus de règles ?

Pourquoi faire ?
Rédiger des règles pour le plaisir d’en avoir en se disant qu’à un moment ce ne sera plus possible de les respecter, avoir des dizaines de règles qui ont chacune des dizaines d’exceptions, ça n’a aucun intérêt.
Les règles ne sont pas là pour être enfreintes.
Je sais que dans le fantasme populaire il y a les règles que le sub ignore pour obtenir une punition (sexuelle la plupart du temps), punition qui est en fait une récompense.

Ce n’est pas comme ça que fonctionne ma relation D/s 24/7. Les règles sont faites pour être respectées, quand je les enfreins je suis réellement punie de manière qui ne me fait pas du tout plaisir.

Je ne vais pas m’ennuyer parce qu’il n’y a pas assez de règles ! La règle “obéis” est déjà bien suffisante pour parer l’ennui. Et puis il y a toute une relation cadrée par ces règles. Les règles sont une structure, pas une fin en elles-mêmes.

Comment vais-je faire lorsque mon Dom me quittera ?

Mon Dom dirait “parle au conditionnel”. C’est vrai ça, qui dit que c’est mon Dom qui me quittera et non pas l’inverse ? Qui dit que nous n’arrêterons pas d’un commun accord ? Qui dit que nous arrêterons un jour ?
SI mon Maître venait à me quitter alors que j’ai toujours très envie d’être avec lui, je serais triste comme une pierre pendant quelques temps, puis, je me relèverais grâce à mes amis et ma famille (dont il ne m’éloigne absolument pas, au contraire, avec lesquels il m’encourage à entretenir des relations), puis je trouverais quelqu’un d’autre (ou pas) dans ma vie pour démarrer une nouvelle histoire.

Oui, certains rituels me manqueraient, tout comme le fait de parler, sortir, rire, jouer, sexer. Le son de sa voix, sa main dans mes cheveux, ses sourires, la façon qu’il a de me regarder, de me protéger, de claquer des doigts pour m’agenouiller, de m’embrasser soudainement avec une tendresse infinie. Incroyable non ? On dirait presque la conséquence d’une rupture classique (avec deux/trois détails un peu kinky) ! Fou !

J’ai vécu avant mon Dom, je vivrai après lui (sauf si nous mourrons ensemble dans un accident hyper romantique), et je sais qu’en plus, je vivrai en étant plus forte, plus indépendante et plus sûre de moi, parce qu’il m’aura offert ça, et que, quoi qu’il arrive, il ne me le reprendra pas.