Munch Time !

téléchargement

Je l’ai fait. J’ai pris mon courage à deux mains (j’ai appelé mon Dom) et je me suis rendue, en compagnie de mon Maître, à un Munch.

Le Munch, qu’est-ce que c’est ?


C’est une discussion informelle dans un espace neutre, en tenue casu, de sujets qui tournent autour du BDSM.
Les participants peuvent être expérimentés, novices ou curieux, ils doivent simplement être respectueux des pratiques de chacun (et de leur anonymat s’ils souhaitent le garder).

Pas de protocole, pas de pratique, pas de sexe, le Munch est un espace de discussion. Ne sont à respecter que quelques règles de bienséance absolument indispensable partout dans le vie de tous les jours et, pour moi, les règles dictées par ma soumission à mon Maître.

Les Munch sont souvent animés et/ou organisés par une personne du milieu qui connaît bien le sujet et qui oriente les conversations, calme les débats et relance les discussions.

Il peut y avoir un thème ou non.  

 

Comment j’ai trouvé un Munch ?


Je fais partie d’un groupe privé Facebook sur lequel se réunissent et discutent des pratiquants du BDSM et je vois passer le message d’une soumise qui explique qu’elle va animer un Munch sur Frontignan (34) sur le thème du DDlg. Elle exprime son stress et je me dis : pourquoi ne pas y aller ? C’est un thème que je connais, j’ai toujours voulu voir comment ça se passait (j’ai lu un nombre incalculable d’articles / témoignages sur les Munch) et Frontignan c’est vraiment pas loin.

 

Je fais donc part de ma curiosité à la charmante soumise qui va animer le Munch, lui disant que, en plus, si elle est stressée, ça peut peut-être l’aider de savoir qu’il y a un soutien moral dans l’assistance. Elle me répond de manière très enthousiaste, m’enjoignant de venir !

Vous ne le savez peut-être pas mais je suis un peu weird socialement, j’ai du mal à rencontrer de nouvelles personnes et je fais des crises d’angoisses dans les situations inhabituelles pour moi. Au moment où j’ai envoyé le message disant que j’allais venir, j’ai regretté.

J’ai demandé à une amie de m’accompagner, de manière totalement naturelle  “eh ça t’intéresserait pas dis moi dis donc moi je connais pfiou aucun souci super détente tout va bien hehe !” et quand elle a refusé j’ai compris qu’il fallait que j’appelle mon Dom.

 

L’arrivée


Le munch a lieu à 18 heures, nous partons de Montpellier vers 17h pour ne pas être en retard. Arrivés sur place, nous nous installons dans un extérieur charmant. Mon Maître s’assoit, je m’agenouille à ses pieds. Il y a deux personnes présentes à ce moment là, personne ne bronche, personne ne se rend seulement compte de ce fait, c’est comme si c’était… normal.

Je suis immédiatement soulagée, les gens présents sont sympathiques, souriants, ils discutent de tout et de rien, la jeune femme qui anime le munch raconte qu’elle s’est acheté des nouvelles basquettes.

Quand de nouvelles personnes arrivent, elles viennent nous dire bonjour, mon Maître se présente puis me présente en disant “Lauriane, ma soumise” et chaque fois qu’il le dit mon coeur se serre, par réflexe, dans l’attente de la réaction de la personne en face, et la personne en face ne réagit jamais, elle sourit, me fait la bise. Je vais de soulagement en soulagement, je suis ici chez moi.  

 

On nous propose de nous faire visiter le club. Les munch n’ont pas toujours lieu dans des clubs, celui-ci a cette particularité. Nous sommes donc dans un club libertin aux couleurs dominantes rouge et noir. Il y a des canapés en cuir, des cages, des barres de suspension, des engins de torture en tout genre, des jacuzzi et même un sauna.

 

Je ne suis généralement pas réceptive à ce genre d’ambiance (je ne suis pas du tout dans le BDSM cuir, vinyle et latex), je suis un peu mal à l’aise, où que mes yeux se posent il y a une référence au sexe. Mon Dom passe de temps en temps une main rassurante dans mon dos, vérifie que tout va bien avec quelques regards.

Finalement tout le monde s’installe, il y a une douzaine de personnes. Des profils différents, un couple Domina / soumis, beaucoup d’hommes, tous soumis à l’exception de mon Dom, quelques femmes, toutes soumises.


La présentation


Le munch commence par un tour de table, nous devons tous nous présenter. Tous les participants sont des pratiquants du BDSM sauf une, qui vient pour tenter de comprendre et qui s’est à peine reseignée sur le mode de vie.

 

Quand arrive mon tour, avant celui de mon Dom, j’ai la voix qui tremble et j’ai du mal à me contenir. J’oublie un million d’informations parce que mon cerveau balbutie “Je m’appelle Lauriane, j’ai 26 ans, je suis la soumise de X qui est là, et je suis dans le BDSM depuis quelques années. Et heu… Voilà c’est tout… hehe…”
Mon Dom me caresse la tête, tout le monde est extrêmement bienveillant.

Evidemment, mon Dom, confiant et absolument pas impressionné, explique calmement “Je m’appelle X, j’ai 29 ans, je suis dans le BDSM depuis 10 ans mais j’ai fait une pause pour être dans une relation vanille pendant un moment, je suis le Dominant de Lauriane et nous vivons une relation D/s 24/7.”

Encore une fois, mon coeur fait un bond dans ma poitrine à ma mention et à celle de notre relation.

Je suis encore un peu nerveuse, le fait d’être à genoux aux pieds de mon Maître m’évite de trop le montrer (je ne me tortille pas dans tous les sens en croisant / décroisant les jambes etc.).


La Discussion


Commence alors la discussion autour du thème du DD/lg. Je me rends vite compte que personne ne connaît trop le sujet à part l’animatrice et un soumis qui s’est renseigné. De nombreux contre-sens sont faits, quelques questions sont posées sans qu’une réponse vraiment précise ne soit donnée.

Je ne peux m’empêcher d’intervenir après avoir demandé l’autorisation de mon Dom pour expliquer comment je vois le DD/lg, la différence avec l’age play. La conversation se fait très naturellement, les gens posent des questions mais elles n’ont pas le même sens que lorsque les vanilles posent des questions…

Je ne sais pas comment expliquer cette sensation. La formulation, le ton, l’expression du visage, tout est fondamentalement différent dans la façon qu’a un BDSMer de poser une question par rapport à un vanille.

La formulation est précise, elle contient déjà du vocabulaire et cherche juste à connaître un fait, à avoir une précision. Le ton est toujours égal, jamais condescendant, jamais surpris, jamais malsainement curieux, il est just intéressé et attentif. L’expression du visage est neutre ou concentrée, marquée parfois d’un sourire franc, pas de sourcil levé, pas de demi-sourire narquois, pas d’écarquillement des yeux. Puis la réaction est tout à fait naturelle, la compréhension est quasiment immédiate.


Tout est plus… simple. Expliquer est un jeu d’enfant, les personnes ont déjà des kilomètres de vocabulaire que je n’ai pas besoin de définir, je me sens moins obscure.
Je me sens aussi moins attendue au tournant, je n’ai pas l’impression qu’on cherche à me piéger, à souligner une contradiction dans mon discours ou à me prouver que je suis folle / que je raconte n’importe quoi.
Je me connecte à ces gens plus facilement et plus rapidement qu’avec n’importe quelle personne que j’ai pu rencontrer dans l’univers vanille. Ce n’est pas une critique à l’encontre de mes connaissances ou de mes amis, ils n’y peuvent rien, quoi qu’ils fassent ils ne feront jamais qu’effleurer la surface de ce que je ressens au quotidien, de ce que je vis, alors que ces gens savent, comprennent profondément parce qu’ils le vivent.

C’est une épiphanie pour moi, je suis à ma place et je n’ai pas à en avoir honte une seconde. Je n’ai pas à chuchoter “Maître” à la fin de mes phrases parce que personne ne me jugera, je ne me sens pas bizarre de m’agenouiller à ses pieds sous les regards d’inconnus, tout est normal. Là bas, je suis normale.

 

Il y a de nombreux rires, des digressions parfois, des visages qui s’éclairent et des sourires échangés. La discussion se termine sur la terrasse devant le club, la Domina qui est avec son soumis discutent un peu avec nous, elle fait remarquer à son soumis qu’il n’est pas à genoux, lui, il lui lance un regard complice et lui dit “eeeh non”. Nous éclatons tous de rire et je regrette qu’il soit déjà temps de nous dire au revoir.

 

Recommencer

 

Cette expérience ne me donne qu’une envie : recommencer ! Je veux retourner à des Munch, discuter avec des acteurs du BDSM partout et m’impliquer, m’investir.

Ce matin, j’ai reçu un message de l’animatrice du Munch qui m’a énormément touchée dans lequel elle me dit ceci :

Screenshot_20180912_121131

Ce message me confirme que j’ai envie de faire partie de cette communauté et d’activement faire de mon mieux pour faire en sorte que chacun s’y sente bien et en apprenne plus sur soi et sur les autres !

 

Je vous conseille vraiment de mettre les pieds à un munch au moins une fois dans votre vie !